Retour sur l'AGA 2026
Une année marquée par plusieurs avancées
L'Assemblée générale annuelle de l'Ordre s'est tenue le 3 octobre dernier.
À cette occasion, le président, Dr Éric Poulin, optométriste, a présenté les principaux dossiers ayant marqué l'année 2025-2026 ainsi que plusieurs enjeux qui continueront de mobiliser l'Ordre.
FAITS SAILLANTS DE LA DERNIÈRE ANNÉE
Projet de loi 15 : un jalon important!
- Évolution de l’optométrie vers une pleine autonomie clinique en première ligne des soins oculaires
- Élimination des listes réglementaires de médicaments et soins autorisés
- Une prise en charge plus efficace pour la population
- En complément, le Guide d’exercice clinique a été actualisé et présenté lors d’un webinaire
Nouveau partage d’activités dans le secteur oculovisuel
Les travaux menés avec l'Ordre des opticiens d'ordonnances visent à établir un nouveau partage de certaines activités et tâches afin de mieux répondre aux besoins de la population dans un contexte de rareté de main-d'œuvre.
Les orientations présentées lors de l'AGA concernent notamment un rôle accru des opticiens d'ordonnances relativement à certains ajustements réfractifs et aux lentilles cornéennes ainsi qu'une plus grande possibilité d'assistance en lunetterie par des assistants en optique certifiés. Il a également été rappelé qu'un ajustement réfractif ne constitue pas une réfraction complète et qu'il demeure soumis aux conditions prévues.
Le déploiement de ces nouvelles orientations doit s'accompagner des lignes directrices, des formations et, lorsque requis, des adaptations réglementaires nécessaires. Une formation destinée aux assistants en optique certifiés fait notamment partie des mesures prévues pour accompagner ce changement. Cette formation sera disponible en 2027.
Rappelons par ailleurs que ces travaux poursuivent un objectif plus large : diminuer certains blocages actuels, répondre aux enjeux de main-d'œuvre et d'accès et permettre l'évolution des modèles de prestation de services oculovisuels.
Intelligence artificielle en optométrie : retour sur la formation présentée en marge de l’AGA
Scribes IA : un outil d'assistance qui ne remplace pas le jugement professionnel
À la suite de l'AGA, une formation donnée par le Dr Samuel Gareau-Lajoie, un médecin de famille qui s’intéresse de près à l’IA utilisée à des fins cliniques, portait sur les Enjeux éthiques et cliniques relatifs aux scribes IA a permis aux participants de mieux comprendre les possibilités, mais aussi les limites de ces outils.
Un scribe IA peut utiliser la conversation clinique pour produire un brouillon de note. Celui-ci doit toutefois ensuite être révisé et corrigé avant son utilisation.
À partir d'un cas clinique fictif, la formation a notamment illustré différentes erreurs possibles : inversion de la latéralité, omission d'une observation, ajout d'une affirmation non étayée ou modification d'un délai de suivi. Le fait qu'un texte paraisse cohérent ne garantit donc pas qu'il reflète fidèlement la rencontre clinique.
Cette formation sera disponible en rediffusion dans le catalogue du CPRO.
Des obligations professionnelles qui demeurent pleinement applicables
Pour l’optométriste, l'utilisation d'un scribe ou de tout autre système d’intelligence artificielle (SIA) est conditionnelle au respect de diverses obligations prévues par la loi, dont celles qui ressortent de la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux et celles du Code de déontologie des optométristes. De façon non limitative, on peut noter les obligations et restrictions suivantes
- Sélection d’un scribe ou autre SIA ayant fait l’objet d’une évaluation adéquate sur le plan de la performance ou de la sécurité, comme ceux certifiés par le Bureau de certification de Santé Québec;
- Réalisation d’une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) avant l’introduction d’un scribe ou autre SIA dans un cabinet ou autre organisation de santé et de services sociaux;
- Respect des droits du patient en matière de secret professionnel et de collecte, d’utilisation, de conservation et de destruction de renseignements personnels, ce qui suppose notamment d’obtenir de sa part un consentement libre et éclairé pour l’utilisation du scribe ou autre SIA;
- Vérification de l’exactitude et de la pertinence des données versées, ce qui suppose que le brouillon généré par un scribe doit être révisé rapidement par l’optométriste après la consultation, alors qu’il est encore en mesure de se souvenir des informations obtenues lors de celle-ci;
Autres références utiles pour l’utilisation de l’IA dans la pratique optométrique
1. Fédération des autorités réglementaires optométriques du Canada, FORAC-FAROC Position Statement on the Use of Artificial Intelligence (AI) by Optometrists (2026)
2. Association canadienne de protection médicale :
- Intelligence artificielle (IA) et soins de santé : facteurs à considérer (2025)
- Transcription par intelligence artificielle (IA) : réponses aux questions fréquemment posées (2025)
3. Ministère de la Santé et des Services sociaux, Politique ministérielle d'encadrement de l’intelligence artificielle en santé et services sociaux (2026)
4. Marco Laverdière et Catherine Régis, Pratiques professionnelles, IA et santé – Prototype de code de déontologie (2023)
Bureau de la syndique : Un rôle qui va bien au-delà des enquêtes
2025-2026 EN CHIFFRES :
- 1092 demandes d’information et signalements reçus
- 238 dossiers d’enquêtes ouverts et 259 enquêtes fermées
- 3 plaintes au Conseil de discipline
Plus de 1000 demandes d’informations et signalements !
Une part importante du travail du Bureau consiste également à répondre aux demandes d'information et à intervenir dans certaines situations avant même qu'une enquête formelle soit nécessaire.
Rappelons que ces vérifications sommaires et interventions informelles permettent, dans plusieurs cas, de régler efficacement certaines insatisfactions ou mésententes.
Inspection professionnelle : des méthodes qui évoluent avec la pratique
2025-2026 EN CHIFFRES :
- 195 inspections de surveillance générale
- 5 inspections particulières
Les méthodes d'inspection continuent d'évoluer afin de mieux évaluer le jugement clinique et la compétence. L'utilisation de photos et de cas cliniques permet notamment d'approfondir les discussions avec les optométristes inspectés plutôt que de concentrer l'évaluation uniquement sur la notation au dossier.
La croissance de la téléoptométrie fait aussi l'objet d'une attention particulière. Le Comité a précisé sa grille de demandes de correctifs spécifiques à cette pratique afin d'assurer davantage de constance et d'équité dans les inspections et une équipe d'inspecteurs y est affectée. Deux nouveaux inspecteurs ont par ailleurs été formés au cours de l'exercice.
L'objectif demeure la protection du public, par le maintien et l'amélioration de la qualité des actes optométriques.
BILAN DES ACTIVITÉS